Autant prévenir tout de suite : imbéciles septiques du génie humain passez votre chemin, car une nouvelle fois, GIG vous amène à la pointe de la technologie à la rencontre de visionnaires qui travaillent sur les possibles révolutions énergétiques de 2015-2025.
On embarque pour Israël, terre promise de la recherche technologique, et plus précisément à Technion, l’université technologique de Haïfa où la start up Innowattech travaille depuis plusieurs années sur un projet de route piézoélectrique. Kézako ? Détour obligé par Wikipédia pour apprendre qu’il s’agit « d’une propriété que possèdent certains corps de se polariser électriquement sous l’action d’une contrainte mécanique ». L’exemple le plus concret est l’allume-gaz où « la pression exercée produit une tension électrique qui se décharge brutalement sous forme d’étincelles ». Mais quel est le rapport entre un allume gaz et une route ? Si votre réponse instinctive est « pas grand-chose », vous n’êtes clairement pas un rechercheur écolo israélien… En plaçant des cristaux piézo-électriques sous l’asphalte de la route, l’équipe de Haim Abramovich parvient à récupérer l’énergie dégagée par les voitures. Si vous avez bien compris le procédé scientifique cela n’engendre en rien une sur-consommation du véhicule, il s’agit simplement de récupérer une énergie qui jusqu’à présent était dissipée par le sol. Il semblerait que les premiers tests grandeur nature soient plutôt probants. Malheureusement, les quelques données chiffrées que j’ai pu trouver ne se recoupent pas du tout et donc je ne vous les donnerais pas. Elles dépendent essentiellement du trafic, du poids des véhicules et de leur vitesse, et comme tout ces paramètres sont fortement variables…
A nouvelle façon de penser, nouveaux avantages
Tout d’abord l’indépendance vis-à-vis des conditions météorologiques – soleil, vent, pluie, etc. Je mettrais également en avant, le gain d’espace, car cette techno serait installée sur des équipements routiers existants. Des utilités annexes peuvent même à terme être imaginées notamment l’utilisation des capteurs pour la sécurité routière et alerter les urgences ou la police en cas d’accident ou de vitesse abusive. Enfin selon la ravissante Dr Lucy Edery-Azulay, directrice du projet, « le retour sur investissement estimé est de deux ans contre plus de vingt ans pour les autres technologies » ce qui s’explique par la récente démocratisation des matériaux piézoélectriques, des céramiques synthétiques (des PZT exactement pour les puristes).
Trop beau pour être vrai ?
J’aimerais pouvoir croire notre Dr. Edery-Azulay sur parole, mais comme toujours la rentabilité du projet reste à être démontré de manière plus probante quand le disant avec le sourire. Certaines données ne sont pas évoquées comme la durée de vie de l’installation, les difficultés d’entretiens et de réparation (casser l’asphalte tous les deux jours, pas forcément onéreux mais sacrément emmerdant pour les usagers…), sans compter sur les difficultés de stockage de l’énergie. On peut l’utiliser pour l’éclairage de la route, mais à nouveau, celle a besoin d’être éclairée la nuit alors que le gros du trafic se produit le jour…
V2G où comment voir le monde à l’envers
L’autre originalité de la journée nous vient … des Etats-Unis cette fois ci et de l’association Magic Consortium regroupant l’université du Delaware, des distributeurs d’énergies, des spécialistes du smart grid, et la société californienne AC Propulsion. Et quand tout ce petit monde se met à réfléchir ensemble ça donne le V2G, Véhicule to Grid pour les non initiés. Cela part des difficultés de stockage de notre réseau électrique. Même avec des réseaux intelligents, on ne peut éviter les heures creuses et les heures de pointe. Or, mise à part le pompage-turbinage, on ne sait pas lisser cette courbe. Comme à terme, nous aurons tous des véhicules électriques (n’est ce pas ?) de type hybrid plug-in, ce qui signifie qu’ils seront branchés sur le réseau pour se recharger. Dès lors pourquoi ne pas utiliser ses batteries de véhicules stationnés comme « éponge électrique». Et quand on sait que l’on utilise en moyenne seulement moins de 2h par jour notre véhicule… Concrètement, si l’offre excède la demande, les véhicules seront chargés normalement. Mais à l’inverse si la demande excède l’offre, l’opérateur pourra puiser un peu d’énergie de la voiture, sans pour autant la décharger totalement… Cela parait d’autant plus simple que d’après un rapport parlementaire de mars 2009, « Le parc automobile français pourrait délivrer potentiellement 100 fois la puissance du parc de production d’électricité d’EDF ». Certes, cela nécessiterait l’installation d’une « box » communicant entre la voiture et le distributeur, mais visiblement selon Kenneth Huber, directeur technique du projet, « Elles rapportent entre 5 et 10 dollars par jours en étant simplement branchées ». Ce n’est pas beaucoup vous êtes entrain de vous dire ? Très bien multipliez ça par le nombre de véhicules en circulation et le nombre de jour dans l’année et vous aurez une idée du potentiel économique. Sans comptez que cela peut être une bonne opportunité pour amortir le cout de son véhicule propre.
Certes à nouveau, sans être dans la science fiction, on est très loin dans le process écologique et il faut certains pré-requis qui ne sont pas établis aujourd’hui – un parc existant de véhicules hybrid ainsi que des batteries pouvant être chargées et déchargées de très nombreuses fois. Mais ce post à simplement pour objectif de vous faire prendre conscience des possibilités inouïes qui peuvent apparaitre à moyen terme. Le but est de vous montrer toutes les déclinaisons possibles, de réaliser que certains pensent à des manières plus que très originales de récupérer ou d’économiser de l’énergie. Et les déclinaisons sont infinies, Innowattech réalise d’ores et déjà des expérimentations sur les lignes de train, dans les aéroports, mais aussi… pour les trottoirs !?! Concernant Magic Consortium, regardez simplement autour de vous combien d’appareil possède une batterie et est connecté au réseau une grande partie du temps… Les possibilités sont sans conteste infinies. Le tout est de savoir quand nous allons parvenir à rendre ses technologies fiables et rentables. Sans doute plus vite que vous ne l’imaginez…















