Ce post était planifié pour un peu plus tard, mais l’actualité toujours plus rapide des Greentechs me pousse à anticiper sa rédaction. Il sera question ici de « smart grids ». Anglicisme sans doute très obscur pour le commun des mortels mais bien familier pour les lecteurs assidus de GIG car utilisé dans le post de la vieille (y aurait il une logique implicite dans la succession des posts de GIG ?!?). Une rapide session wikipédia pour nos mauvais élèves nous apprend que la smart grid est un « réseau de distribution d’électricité « intelligent » qui utilise des technologies informatiques de manière à optimiser la production et la distribution et mieux mettre en relation l’offre et la demande entre les producteurs et les consommateurs d’électricité ». Autrement dit, c’est la mise en place de pleins de petits capteurs sur notre réseau électrique pour calculer notre consommation en temps réel et utiliser ces informations pour consommer plus intelligemment et ajuster la production de nos sources d’énergie. Précisons dès à présent que le terme se rapporte à un ensemble de technologies plutôt qu’à un produit en particulier. Enfin, quelle est l’actualité brulante qui nous pousse à s’instruire sur cette techno ?
Elle est double :
- D’une part, les péripéties de notre EDF national avec (i) son patron tellement fort qu’il peut prendre deux jobs, (ii) le vote par le parlement européen de l’ouverture du marché de l’électricité français (à quel prix ?!?), et enfin (iii) la hausse programmée des tarifs EDF qui n’est plus un secret pour personne.
- D’autre part, le tout premier colloque organisé à l’Assemblé Nationale à l’initiative de la commission de régulation de l’énergie (CRE) sur les smart grids. Le genre d’initiatives assez rares pour mériter d’être soulignées.
Voyons voir. D’un coté un réseau qui commence à laisser entrevoir des failles de partout et de l’autre une fantastique technologie et personne au milieu pour voir un lien problème/solution ?
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A l’heure actuelle, le réseau électrique français, comme dans de très nombreux pays, n’est pas capable d’anticiper la consommation de ses clients et par conséquent prévoit « plus large » que nécessaire afin d’éviter toutes mauvaises surprises. Précaution louable du service public mais au combien énergivore ! De plus, la technologie smart grid a cela de fascinant qu’à terme elle sera bénéfique non seulement aux producteurs mais également aux consommateurs (cf article de la vieille encore une fois) ! Entrons dans les détails des différents avantages que cela pourra nous procurer :
- Lisage des courbes de consommations
- Diminution des risques de pannes dues à une surcharge
- Diminution des taux de déperdition sur le réseau (terrible fléau de 120 milliards de dollars par an aux US dixit Al Gore qui fera l’objet d’un autre post)
- Intégration au réseau facilitée pour un bouquet de sources d’énergie propre, sûres et complémentaires, mais souvent irrégulières. Je ne peux m’empêcher ici de mettre en ligne le schéma explicatif publié par LeFigaro.fr aujourd’hui.
- Transferts facilités et optimisés de production électrique sur grande distance.
- Encourager le consommateur à optimiser sa facture, à travers notamment des offres tarifaires nouvelles possibles avec le smart meter (type BaroWatt) et la distinction entre heures pleines et heures creuses.
- Gérer des flux d’électron dans les deux sens en fonction des besoins en consommation / production des utilisateurs, en consommant l’énergie qu’il pourrait produire chez eux (panneau photovoltaïque sur son toit, etc)
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On retrouve dans les avantages 4 et 7 le principe de réseau décentralisé si cher à Dominique Nora, et explicité dans notre vidéo favorite. Mais, est-ce-que tout cela fonctionne véritablement ? Et que pourrait-on espérer économiser financièrement et en CO²? Des réseaux électriques locaux, i.e. de petites tailles, se sont d’ores et déjà lancés dans la bataille notamment dans l’Utah et à Taïwan et les premiers résultats semblent concluants. Taïwan Power estime pouvoir à terme réduire sa production de 10% simplement en éteignant à distance nos équipements en vieille inutilisés et en baissant les climatisations inutiles. Enfin, les chiffres prévisionnels les plus sérieux semblent ceux publiés par le Département de l’Énergie des États-Unis qui écrit que les technologies de smart grid rendaient “le réseau électrique américain plus efficace de 5%, ce qui équivaudrait à une économie en termes d’émission de gaz à effet de serre de 53 millions de voiture et l’amélioration du réseau grâce à ces technologies devrait permettre une économie de 46 à 117 milliards de dollars d’ici à 2023″. Je vous laisse seul juge de la crédibilité de ces estimations.
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Mais enfin, pourquoi tout parait si beau et rien n’existe réellement pour l’instant ? Plusieurs obstacles doivent être levés. En voici trois principaux à mes yeux:
- Tout ceci a un prix. L’investissement pour moderniser le réseau américain serait estimé à 400 milliards de dollars tout de même. (Quoi ? légèrement moi que les 3000 milliards de dollars qu’aurait couté la guerre en Irak me dit on par ici ?)
- Générer les données de chacun des clients d’un réseau électrique qui plus est en temps réel n’est pas forcément à la porter de chacun d’entre nous. Cela nécessite tout de même une puissance de calcul que seules quelques entreprises possèdent. (Qui a parlé de Google ? ) Et bien oui, Google.org, la branche « philanthropie expérimentale » de Google s’est lancé dans le projet. Je vous laisse avec leur dernière vidéo (très « cucu » mais à la fois fascinante, bref très Google).
- Enfin dans le prolongement cela soulève également la question du caractère privé de ces informations. Ai-je véritablement envie que Google sache exactement lorsque je regarde la télévision ou j’ouvre mon frigo ?
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Les smart grids sont sans doute la meilleure illustration du mariage des technologies de l’information et du secteur de l’énergie. Fascinant, dantesque, révolutionnaire, complexe, bien des adjectifs pourraient être employés. Mais selon moi, il n’est plus véritablement question de savoir si oui ou non elles seront appliquées mais plutôt quand elles le seront et par qui. Un premier élément de réponse à cette question avec l’annonce d’un investissement de 3,4 milliards de dollars pour la transition “Spur Energy Smart Grid” par le Président Obama ou la prévision par le cabinet Essence Securities de l’investissement par la Chine de 100 millions de dollars d’ici 2020 dans son réseau électrique. Pendant ce temps, la France se divise sur le sort d’Henri Proglio…
















