Des jours que j’avais planifié mon nouvel article.
J’avais enfin réussi à dégager mon agenda ministériel pour me retrouver… en panne internet !?! Comment peut-on travailler convenablement sans l’internet ? Les plus âgés de mes lecteurs s’insurgeront de tels propos et iront de leurs jurons préférés à l’encontre des « digital natives ». Il m’empêche que j’ai pitié de vous et qu’à cela ne tienne, je m’en vais rédiger sans fibre optique et solution préchauffée sous mon tapie de sourie. « Old shool style» !?! Ce sera finalement une manière originale de rendre hommage à mon sujet du jour puisque celui-ci dans son dernier ouvrage s’en prend violemment à tous ces jeunes scientifiques plus fascinés par les modèles informatiques que les relevés et observations de la nature. Inutile de préciser que notre homme sait de quoi il parle étant lui-même un géochimiste de renommée internationale et le poil à gratter de bon nombre d’activistes écologiques. Toujours pas deviné ? Ce soir nous nous pencherons sur le dernier bouquin, L’imposture climatique, de Claude Allègre. J’entends déjà les voix contestatrices s’élevées, alors entendons nous bien : oui, GIG est avant tout un blog de technologies et non de débat politico-scientifiques sur le réchauffement climatique. Il n’empêche que ses technologies reposent en grande partie sur des analyses scientifiques et que nous aurions tort de ne pas nous y intéresser un minimum. Au-delà ce ça, je ne souhaite en aucun cas prendre partie dans un débat où je n’ai aucune compétence scientifique (exception faite de mon valeureux 14/20 au bac de Sciences Nat) pour me forger ma propre opinion. Je ne présente pas L’imposture climatique car comme s’il s’agissait de l’œuvre d’un scientifique esseulé (beaucoup de gens reconnu pour leur mérite scientifique soutiennent ses opinions) ou sous médiatisé (il faudrait avoir vécu au Kazakhstan pour ne pas avoir vu Claude Allègre sur les plateaux télé ces 15 derniers jours).
Ce qui m’intéresse dans sa démarche est qu’il n’avance au final aucune « thèse » ou prédictions sur l’évolution climatique aussi bien dans 15 jours que dans un siècle. Il ne cesse d’expliciter que le climat est une science bien plus complexe que ce que l’on voudrait imaginer et que nous avons bien trop peu de connaissances sur de nombreux éléments (les océans, les taches solaires, les poussières, les nuages) qui jouent un rôle considérable. Je ne pense pas qu’il soit polémique de le reconnaitre et qu’en prendre conscience est plutôt une bonne chose pour notre planète et pour les curieux (comme nous).
Mais les accusations les plus virulentes sont réservées au fameux GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat). Cette organisation créée au sein de l’ONU et qui semble de moins en moins faire l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Un article du début d’année publié par Planète 89 m’avait d’ores et déjà mis la puce à l’oreille. Celui-ci pointait du doigt quelques erreurs de prévisions majeures mais surtout les défaillances dans son organisation en citant le démissionnaire Paul Reiter qui déplore la présence de non-spécialistes et la recherche du « consensus au détriment de la science ». Dans son bouquin, Claude Allègre reprend ces arguments à son compte et va encore plus loin en dénonçant les pratiques « mafieuses » du GIEC à coup de rétention d’information et de coupure de crédit de recherche. Il plaide dès lors pour une réforme en profondeur de cet organisme.
Reconnaissons enfin que visiblement, cet ouvrage n’est en rien parole d’évangile et que son auteur aussi affirme ce qui semble être des erreurs indignes d’un tel ouvrage. Evidemment, ses détracteurs se sont fait une joie de les lister et les répertorier : ça commence ici, puis ça continue par là et là et voici le dernier en date. Bon nombre sont embarrassantes et je m’étonne qu’un scientifique si éminent n’est pas pris la peine de vérifier et de faire vérifier chacune de ces affirmations. Cependant, à plus y réfléchir et à se plonger dans ces débats sans fin je réalise que c’est finalement bien là la manière de la communauté scientifique d’avancer. Chaque point de vue commet un certain nombre d’erreurs et il appartient au camp adverse de les dénoncer (de manière plus ou moins virulente). Allègre n’a certainement pas la vérité climatique vu que visiblement il passe plus de temps sur les plateaux télévision que dans les laboratoires. Mais ça tombe bien puisqu’il ne prétend pas l’avoir ! Il ne fait qu’exercer le rôle du contre pouvoir et sans contre pouvoir point d’avancer scientifique. Au final, ne serait il pas le meilleur allié du GIEC ?
Je tiens à remercier Claude Allègre simplement pour ses vulgarisations scientifiques. Encore une fois, je ne suis pas là pour juger de la véracité de ses propos, mais je suis heureux de voir une scientifique sortir de ses bouquins encyclopédiques pour nous expliquer comment fonctionne la communauté scientifique et où nous en sommes exactement dans nos connaissances. Je terminerais en rappelant que l’écologie ne peut se résumer à la simple question de l’influence du CO² sur le climat. Cela est certes une question passionnante aux conséquences importantes pour les GreenTech, mais la menace de notre biosphère ne serait se résumer à cela. Bonne lecture à ceux qui ne seront pas laissé découragés.
20h06, internet est de retour, je n’ai plus qu’à rajouter les liens, une jolie photo, vous « faire la passe et laisser le soleil briller ».















