Perpignan, l’élève modèle

Nous connaissons tous l’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement en terme de mix énergétique français : 20% de notre consommation provenant d’énergie renouvelable à horizon 2020. Seulement voilà, pour certains cet objectif était juste pas suffisant et pensaient qu’ils pouvaient faire mieux. Bien mieux… C’est le cas notamment des perpignanais et de leur proche agglomération qui ont lancé leurs propres objectifs de 100% d’énergies renouvelables pour leur besoin résidentiel à horizon 2015. Traduit en chiffres : 26 communes – 225 000 habitants – 436 000 mégawatts/an. A la clef, si les objectifs sont atteints, un joli coup de pub pour la ville qui deviendra alors la première ville à énergie positive française.  Allons voir en détail ensemble ce qu’ils proposent pour y parvenir. En route pour la catalogne !

La ville de Perpignan mise avant tout sur les spécificités intrinsèques de la ville la plus ensoleillée de France  et soumise à un régime de vents forts et réguliers. Elle joue également un rôle actif dans le pôle de compétitivité régional Derbi (développement des énergies renouvelables dans le bâtiment et l’industrie) qui sera le maître d’œuvre du futur chantier de développement de l’énergie photovoltaïque.

Solaire : Premier projet phare, le marché international Saint-Charles de Perpignan, implanté sur la zone la plus ensoleillée de France. Il possède en effet de nombreux bâtiments et entrepôts représentant au total 90 000 m² de toitures. Une immense surface qui permettra la production d’importantes quantités d’énergie solaire. Il s’agit du plus grand chantier d’électricité solaire au monde, dont les toitures solaires représenteront à terme 11% de la production d’énergies renouvelables de la ville. Les travaux sont actuellement en voix d’achèvement. Evidemment les bâtiments publics (mairies annexes, hôtel d’agglomération, stades, piscines, parkings, etc)  leur emboitent le pas, il est encore plus encourageant de votre des acteurs privés prendre également leur part de responsabilité à l’image du groupe CEMOI, 1er producteur et exportateur de chocolat français, qui vient d’investir dans un nouveau site de production avec 11 000 m2 de panneaux photovoltaïques… Pour fermer la page du solaire, un parc de fermes d’environ 100 ha est également en construction (production attendue : 42 000 MWh/an).

Eolien : Une ZDE (Zone de Développement éolien) de 41 éoliennes pour une production de 294 000 MWh/an, soit 67 % des besoins en électricité de l’agglomération devrait également voir le jour prochainement. Après avoir pris pas mal de retard du fait des derniers arrêtés administratifs, les travaux ont finalement début au début de l’année 2010.

Thermique : Plus globalement, cette ZDE sera intégrée à un immense parc énergétique baptisé ECOPARC à l’ouest de l’agglomération. On y trouvera également un réseau de chaleur récupérant la chaleur produite par un incinérateur pour alimenter en énergie un parc de 30 hectares de serres agricoles : 39 000 MWh/an.

Economie d’énergie : Au-delà de la production, il apparaît indispensable de conduire une politique dynamique de réduction de la consommation énergétique, particulièrement dans le secteur du bâtiment. Plusieurs champs d’action ont été retenus. Tout d’abord, la ville et l’agglomération s’efforceront de viser, pour tout bâtiment ou équipement public nouveau la conformité avec le label BBC (bâtiment basse consommation), soit une consommation inférieure ou égale à 50kWh/m2/an et avec le label HQE (haute qualité environnementale). Parallèlement, l’ensemble de l’agglomération s’engage dans de nouveaux plans de transports : nouveau plan de circulation, développement des transports urbains, poursuite du plan vélo, aménagements mixtes, fret ferroviaire et inter-modalité… mais aussi à travers la préservation des espaces et ressources naturelles et sensibles.

Xavier Hémeury, Directeur Général des Services de la Ville de Perpignan, ne manque pas de pointer du doigt tout les obstacles aux quels ils ont pu déjà être confronté. Que ce soit les procédures de blocage des institutions locales ou le manque « d’un cadre stable et homogène, alors que les investissements dans le secteur des renouvelables sont lourds et surtout de long terme » en passant par questions purement techniques (habitants anciens ou centre historique), la route de la réussite peut paraitre bien longue. Dès lors un engagement fort et dans la durée des politiques et des instances présentes parait indispensable.

Si la préservation de notre environnement est une problématique globale, Perpignan est la preuve que les collectivités locales ont un rôle déterminant à jouer dans la résolution et la mise en place de réponses efficaces. Espérons que cette initiative donne des idées à d’autres communes…

En prime la plaquette détaillée du projet réalisée par la mairie.

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