Il importe à présent de se pencher vers l’un des pères fondateurs du GreenTech aussi bien par son investissement professionnel que par son poids médiatique. En mars 2007, 3 ans déjà, son speech chez TED avait été l’un des plus remarqué du séminaire et l’interpellation de la sa fille de 15 ans, « Papa, ta génération a créé ce problème alors vous avez intérêt à le résoudre » avait été largement repris.. Le nom de John Doerr ne vous dit sans doute rien et pourtant il est le capital-risqueur à l’origine de quelques pépites de l’internet des années 90 (Netscape, Google, Amazon entre autres). Là où vous n’êtes pas excusable c’est qu’il a déjà apparu sur GIG dans la vidéo CBS de Gloom Energy, vu que naturellement il est le leader du pool d’investisseur du projet. Plus sérieusement, ce fameux discours – en copie à la fin de ce post naturellement – constitue selon moi un des événements fondateurs du « mouvement » GreenTech, donc s’il y a bien une vidéo que vous devait prendre la peine de visionner pour comprendre les défis du GreenTech, celle-ci est incontournable. Au-delà du professionnalisme oratoire, de la précision de les exemples, de la qualité des slides, et même des larmes et de la standing ovation finale, le fond du discours et la justesse du propos sont limpides.
Le jeune diplômé fit ses armes dans les années 70 chez Intel avec un MBA de Harvard au passage. Il est alors reconnu comme un ingénieur de qualité (il détient encore quelques brevet à titre personnel) que pour ses qualités commerciales. Il rejoint Kleiner Perkins Caufield & Byers (KPCB) dès 1980. Commence alors la longue route vers le succès : Compaq, Netscape, Symantec, Sun Microsystems, drugstore.com, Amazon.com, Intuit, Google, Friendster, Go. A chaque occasion des dizaines de millions de dollars, si bien que John Doerr est à présent un habitué des classements Forbes.
Là où beaucoup se serait arrêtés en pensant avoir bien mérité et en s’achetant une conscience en forme de fondation personnelle à quelques millions de dollars par an, notre ami John décide de remettre l’argent sur la table. Aujourd’hui, les positions qu’il a prises sont certes moins connues mais toutes aussi révolutionnaires à mon gout. Nous avons déjà évoqué Bloom Energy, mais il est également l’instigateur d’Amyris, ce groupe de chercheurs de Berckley qui en inventant un vaccin économique contre la malaria ont également mis la main sur un carburant bio plus que prometteur ou de Miasolé, une compagnie qui développe des panneaux solaires qui se posent sur les toits comme de la moquette. Bref, la liste des compagnies GreenTech en portefeuille est tout simplement impressionnante. Notons que KPCB continue également ses investissements dans les NTIC via notamment M2Z qui a pour objectif de proposer un accès gratuit et illimité à internet sur tout le territoire américain (mon doux rêve…)
Capital-risqueur à succès donc, principal partenaire de la firme la plus célèbre du métier, il est devenu un gourou bien au-delà de ses terres de prédilections puisqu’il a désormais ses entrées à Washington. Fervent partisan du parti démocrate, il n’hésite pas à user de sa notoriété pour soutenir les causes qui lui sont chères. Il a ainsi milité à plusieurs reprises pour l’instauration de bourses scolaires, pour la recherche sur les cellules souches, et siège au board de la campagne ONE lancée à l’initiative de Bono. Homme de réseau et d’influence reconnu, il est propulsé à la tête de la Midas list de Forbes Magasin en 2008 récompensant les meilleurs « dealmakers », ceux qui transforment tout ce qu’ils touchent en or. Concernant l’écologie, il est l’un des instigateurs d’un marché du carbone californien comme le décrit très bien Dominique Nora ainsi que de la fameuse proposition 87 votée par les californiens et instaurant une taxe sur la consommation d’énergie fossile pour financer la recherche dans les énergies renouvelables.
Maintenant que vous avez eu un aperçu du pédigrée du bonhomme, lorsque John Doerr qualifie les technologies vertes comme « sans doute la plus large opportunité économique du XXIème siècle », est ce que vous seriez tenté par le croire ? Il m’en demeure pas moins que KPCB a connu également des échecs retentissant et n’a pas manqué d’être sérieusement critiquée en 2000 et 2001 lors de l’éclatement de la bulle internet. Alors qu’est ce que motive John aujourd’hui, lui dont la fortune est assurée ? Il aime répondre à ces interrogations en expliquant la différence entre un mercenaire et un missionnaire comme entre la soif de l’argent et la soif de donner un sens à l’argent que l’on fait. Notre ami a fait fortune, aujourd’hui il cherche simplement à pouvoir répondre à sa fille.
















