Continuons dans la lignée des grands pionniers par un européen à présent. Pour bon nombre d’entre vous, le nom de Bertrand Piccard ne vous évoquera sans doute pas grand-chose. Pourtant cet aéronaute suisse n’en est plus à son coup d’essai. Héritier d’une famille d’explorateurs aéronautiques qui vue son grand père participer à la première ascension stratosphérique en ballon, puis son père décrocher le record de plongée en bathyscaphe, Bertrand sera, en 1999 avec son coéquipier Brian Jones, le premier homme à réussir le tour du monde en ballon. Bien que ce fait de gloire soit humainement et technologiquement fascinant, ce n’est pas pour cela qu’il a l’honneur d’être l’objet du second post de GIG, mais plus pour le nouveau défi qu’il s’est lancé depuis une dizaine d’années : réaliser le premier vol en avion autour du monde sans recours aux énergies fossiles.
Suite à la rencontre d’André Borschberg, ils décident dès 2003 de réaliser les premières études de faisabilité. Seulement quelques semaines après, le défi est officiellement lancé. S’ensuit alors six longues années de travaux. Six années, durant les quels il fallu sans cesse réinventer l’aviation (trouver de nouveaux matériaux, optimiser le rendement des batteries, etc) pour prouver au monde qu’il ne s’agissait pas simplement d’un rêve. Six longues années jusqu’au 26 juin 2009, et la présentation de l’HB-SIA, le premier prototype aux médias du monde entier. On découvre alors un engin de 64 mètres d’envergure, soit la taille d’un airbus A340… mais 200 fois moins lourd ! La vraie consécration viendra le 3 décembre dernier, où l’HB-SIA effectua son premier vol en condition réelle avec succès.
Non seulement le projet en lui-même est en tout point fascinant, mais surtout Bertrand Piccard et son équipe à cela de remarquable qu’ils diffèrent de nos premiers pionniers (cf article sur les Pionniers de l’Or Vert) en ce sens que le but escompté n’a pas l’air d’être la commercialisation de son engin. A l’écouter, il semblerait que sa seule et véritable motivation est de démontrer au monde que son défi est techniquement possible et que par conséquent, il est également possible de reproduire le même schéma de pensée pour l’automobile, le bâtiment ou l’informatique. Fort de sa notoriété croissante, depuis l’été dernier, Bertrand Picard n’arrête plus de sillonner le monde et de répondre aux invitations des sommets et des conférences les plus prestigieuses pour présenter son projet. Le voici ici en juillet dernier chez TED :
Voilà donc un nouvel exemple de pionniers en phase avec la ligne éditoriale de ce blog qui veut voir dans l’association du développement durable et des nouvelles technologies une opportunité fantastique à saisir pour développer des nouveaux produits, conquérir de nouveaux marchés et redéfinir des modèles économiques. C’est ce que défend Bertrand Piccard à sa manière dans son créneau de l’aviation et de l’exploration.
La première tentative de tour du monde sans utilisation d’énergie fossile est prévue pour 2012. Les paris sont ouverts, mais vous devez vous douter dans quels camps je placerais mes billes !! En attendant vous pouvez toujours aller suivre leurs avancés et les encourager sur leur excellent site juste ici.















