- Nous avions déjà évoqué le sort de Fisker Automotive lors de notre tour d’horizon des voitures électriques. Rappelons ici rapidement les deux piliers de la réussite du constructeur : d’une part un système électrique à « portée augmentée » qui permet au-delà que l’autonomie de 80 km de la batterie à l’essence de prendre le relais en rechargeant celle-ci lors du trajet et d’autre part une externalisation exacerbée où tout l’assemblage est confié à Valmet Automotive en Finlande. Voici comment Fisker parvient petit à petit à faire une place pour sa Karma à $87000 et aux lignes sportives dans une industrie ultra compétitive sans avoir le savoir faire des acteurs déjà présents.
- eMeter est le leader du smart-grid B2B. Depuis que je vous ai partagé ma passion pour ce domaine, le smart grid ne doit plus avoir le moindre secret pour vous. Les softwares développés par cette entreprise s’adressent aux compagnies électriques, gazières mais également de gestion et distribution des eaux et les aident à optimiser la gestion de leurs réseaux. En tant que leader du marché, malgré son jeune âge, eMeter est convié et écouté aux différents sommets économiques sur le sujet. La semaine dernière, Gary Bloom, ex CEO de Veritas, a été nommé à la tête du groupe afin d’apporter son expertise et son carnet d’adresse à une entreprise qui a déjà commencé son internationalisation.
- Unique représentant du secteur de la construction Serious Materials Inc. c’est fait connaitre à travers son charismatique CEO, Kevin Surace, élu entrepreneur de l’année 2009 par Inc. magazine. Ce constructeur s’est essentiellement spécialisé dans la production de fenêtres et parois isolantes. L’instauration de la norme LEED, Leadership in Energy and Environmental Design, a permis de rationaliser la profession et de crédibiliser les travaux de recherche de cette entreprise. Dernier contrat en date ? Le remplacement des 6514 fenêtres de l’Empire State Building avec un objectif de 38% d’économie sur la consommation énergétique de la tour.
- Silver Spring network n’est pas un concurrent direct de eMeter, mais plutôt son compagnon industriel. Là où eMeter a décidé de se focaliser sur les solutions informatiques, Silver Spring network développe le pendant physique qui permet de collecter ces données. Cette start-up a connu un développement rapide essentiellement grâce au renouvellement des compteurs électriques californiens initiés en 2008 par Pacific Gas & Electric – marché évalué à 1,7 milliard de dollar. Gage de qualité ou simple extension commerciale, Google a retenu cette technologie pour son PowerMeter. Enfin, grâce au plan de relance qui insiste sur l’installation rapide de ce type de technologie (11 milliards de dollar de débloquer…), le carnet de commande de Silver Spring connait une croissance exponentielle. Sans doute, le succès green le moins médiatique mais pas le moins efficace.
- Tesla Motors Inc. enfin s’invite pour clôturer ce classement. Faut-il à nouveau présenter le constructeur de joujoux pour écolos millionnaires de Californie ? L’entreprise de San Carlos doit sans doute sa place à la présence de dizaines de capital-risqueurs qui se sont laissés convaincre par le talentueux Elon Musk.
Légitimité ?
Évidemment, la qualité de juge et d’expert du WSJ et de Dow Jones, son partenaire pour l’occasion, ont été égratignées ici et là, notamment concernant les limites qu’ils s’imposaient géographiquement et sectoriellement. En effet, sur ce dernier point il est dommage que seuls 3 secteurs soient véritablement représentés parmi les 10 retenus et surtout que le solaire trust les 3 premières places ! Non, je n’ai strictement rien contre le solaire, mais je ne pense pas que ce soit le « hype » du moment ni la technologie miracle. Mon point de vue est confirmé par l’évolution des financements rapporté par le CleanTech Group où le solaire ne constitue plus que 21% en 2009 des financements contre 64% en 2008. Enfin, je pense que l’idée étant de faire toujours ressortir quelques noms et que nous (lecteurs avertis) devons retenir simplement les compagnies et leurs produits avant le classement en lui-même. C’est ce que confirme Alan Murray, rédacteur en chef du journal, qui relativise la portée de l’étude en expliquant : “We’re not saying all ten of these companies will be blockbuster successes, but we do think there’s a good chance that one of these promising companies will be The Next Big Thing in Clean Technology.” Qu’il se rassure nous serons bien là pour observer ses prédictions.
Liens intéressants
Un classement similaire de 100 compagnies avait d’ores et déjà été réalisé l’an dernier par le CleanTech Group en partenariat avec The Guardian. Il se voulait plus exhaustif en nombre, en géographie, en financement et en secteur que celui présenté dans l’article.















