Eolien à la recherche d’un second souffle

Il semblerait que le photovoltaïque ne soit pas le seul à faire l’objet de suspection de la part  de nos législateurs. En effet, la version finale du rapport d’information parlementaire sur l’énergie éolienne piloté par Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée est très attendue. Comme toujours avec ces rapports, on en connait déjà presque tout le contenu et il visiblement il ne faut pas que s’attendre à de bonnes nouvelles.  L’éolien y est attaqué sur un double front : d’une part le coût de la tonne carbone évitée est exubérant (230 et 240 euros la tonne) et d’autre part les critiques paysagères se multiplient. J’ai toutefois décidé sagement d’attendre l’étude du projet de loi avant d’approfondir mes recherches. Les 30 et 31 mars derniers, la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale a ainsi examiné les articles 34 et 34 bis du projet de loi Grenelle 2 et plusieurs amendements ont été adoptés. Comme GIG n’est en rien un blog politico-juridique je ne prendrais pas la peine de les détailler ici, mais en revanche je vous renvoie vers l’analyse d’Hervé Cassara, avocat au cabinet Huglo-Lepage & Associés, bien plus compétent que moi en la matière.

Transformer un obstacle en une opportunité

Je souhaiterais cependant m’arrêter sur l’amendement contraignant à « la fixation d’un double seuil minimal de 15 MW et de 5 mâts pour déposer des demandes de permis de construire et d’autorisation d’exploiter ». Selon Hervé Cassara, celui-ci a « pour objet, de condamner purement et simplement le petit éolien à la peine capitale » entrainant la « mort annoncée […] extrêmement regrettable pour le développement d’un réseau de TPE-PME ». Forcé de constater que le développement des énergies renouvelables n’est une nouvelle fois pas aidé par le législateur, je me demande s’il ne faut pas voir ici l’opportunité pour les acteurs du secteur de tester de nouveaux axes de développement. En effet, l’éolien traditionnel est depuis longtemps critiqué pour son modèle économique ainsi que ses difficultés d’entretiens et ce n’est pas parce que nous bénéficions d’une technologie qui fonctionne qu’elle ne peut pas être optimisée. N’est il pas temps de faire de nouvelles expérimentations technologiques pour améliorer le rendement et la fiabilité ? D’aller voir ce qui se fait ailleurs pour essayer de s’en inspirer ? Je voudrais m’intéresser aux éoliennes urbaines car celle-ci présentent le double avantage de ne pas nécessiter de permis de construire lourds et d’être directement reliée à des infrastructures énergivores.

Un vent nouveau souffle sur Paris

Restons chez nous avec l’initiative menée par la Maison de l’air dans le XXème arrondissement parisien où deux mini-éoliennes ont été installées la semaine dernière. Développées par la société Elena Energie, elles devraient produire l’équivalent des besoins en électricité de six foyers, mais leurs avantages ne s’arrêtent pas là. Elles sont également adaptées pour fonctionner même avec des vents faibles et perturbés comme il y en a beaucoup en milieu urbain et le tout dans une discrétion inhabituelle pour des éoliennes. Couts d’investissement : 22000 euros hors crédit d’impôt. Celles-ci devront toutefois être réservées pour l’instant aux sites en hauteurs et recevoir l’abrogation des architectes des bâtiments de France – ce qui ne doit pas être une mince affaire.

Déjà 1000 possibilités d’intégrer l’éolien dans un milieu urbain

Face à tant de difficultés administratives, les initiatives les plus avancées sont encore outre-Atlantique où des sociétés telles que WePOWER ou Aerotecture International commercialisent des éoliennes conçues pour des maisons ou des immeubles. On y retrouve à nouveau les corrections qui font défauts aux éoliennes traditionnelles : facile d’installation et à raccorder au réseau, fiable par tout type de vent (faible, multidirectionnel ou en rafale), silencieuse et facile d’entretien. WePower, basée en Californie propose une gamme de 5 produits à axe vertical allant de 600 W à 12 kW. Son extension est excessivement rapide puisque WePower s’est permis d’acquérir son concurrent direct PacWind l’année dernière. Ils travaillent également sur des projets de panneaux publicitaires autosuffisants et des tests ont déjà été réalisé à Times Square.

Aerotecture International est pour sa part l’aboutissement de nombreux travaux de recherche du professeur Bil Becker, professeur à l’université de l’Illinois. Leur forme pour le moins originale en double hélice ADN (voir photo en haut de l’article) leur permettent d’être extrêmement légères et elles peuvent être positionnées de manière horizontale ce qui les rend plus discrètes. La facilité d’installation des produits est telle qu’ils peuvent être intégrés à des architectures existantes comme en témoigne le photo-montage ci-contre. A terme, Bil Becker est persuadé que ses produits pourront être optimisés lorsque les architectes intégreront dès la construction les problématiques énergétiques.d

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Enfin pour rassurer certains, des initiatives sont également à mettre au compte de certains européens puisque la start-up britannique QuietRevolution affiche de grandes ambitions. Bien qu’elle n’est développée qu’un unique modèle à axe vertical avec trois pales de forme hélicoïdale (6 KW et 5 mètres de haut vendue 25.000 livres environ), ils négocient directement avec Ken Livingstone, le maire de Londres, qui avait annoncé lors de sa campagne vouloir fournir la moitié des 665 GWh/an d’électricité des londoniens à partir d’énergie renouvelable avant les jeux olympiques de 2012.

Il n’en demeure pas moins que l’empreinte carbone de ces mini-éoliennes doit encore être déterminée avec plus de précision. En effet, dans une de ses études, l’agence publique britannique Carbon Trust remet sérieusement en doute la capacité de ces engins et de leur rendement. A charge aux ingénieurs de ces start-ups de nous démontrer le contraire !

De l’éolio-design

Si vous n’êtes pas convaincu par aucune de ces solutions, il ne vous reste plus qu’à investir dans l’éolienne de Philippe Starck. Celle la même qu’il avait promis être démocratique (« entre 300 et 400 euros ») et efficace (« 10% et 60% des besoins énergétiques individuels »). Deux ans plus tard, nous sommes bien obligé de reconnaître que notre ami Philippe c’était légèrement craqué, puisque l’entrée de gamme proposé par Windeo, la société avec lequel il collabore, propose son entrée de gamme à 1000 euros pour 400 watts (ce qui correspond difficilement à l’éclairage de deux pièces). A la décharge de l’entreprise, sa gamme globale de 5 produits semblent être plutôt compétitive comparée à ses concurrents et l’idée d’associer Starck pour le design était plutôt ingénieuse dans un secteur ou le marketing n’est pas (encore) roi. Cependant, seul compte aujourd’hui la fiabilité du produit et sur ce point, je serais bien incapable de vous éclairer !

A visionner la vidéo de démonstration de Aerotecture International:


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