Sentant que mon dernier article n’allait pas me faire que des amis, j’ai également pris le soin de rédigé un rapide nouvelle pour vous présenter une compagnie dans la plus pure lignée de GIG. Bloom Energy est juste tout ce que nous aimons sur GreenIsGreat : fondamentalement innovant, remettant en question l’ensemble d’une économie et encore plus largement les conditions de vie de milliard d’habitants de pays en développement. Bloom Energy aurait trouvé le moyen de faire de l’électricité propre et pas cher grâce à une pile a combustible dénommé la Bloom Box.
Pourquoi n’avait vous jamais entendu parler de cette entreprise auparavant ? Son fondateur, K.R. Sridhar en photo ci contre, a tenu à demeurer discret durant ces 9 dernières années au cours des quels il a développé son produit. Mais visiblement quelques uns ont été mis au parfum bien avant nous car cette start-up aurait levé pas moins de 400 millions de dollars, et serait notamment le premier investissement GreenTech du prestigieux fond de capital investissement Kleiner, Perkins, Caulfield & Byers. La présentation officielle a eu lieu mercredi dernier devant la fine fleur des CleanTech de la Silicon Valley, des politiciens et des investisseurs si bien que la presse américaine ne parle plus que de ça ! Cette fameuse box de la taille d’une petite armoire peut alimenter en énergie 25 habitations américaines (ou le double d’européennes ou le quadruple d’asiatiques) et serait déjà utilisé par une vingtaine de clients et non des moindres (Google, Ebay, Wal Mart, etc). C’est parti pour une présentation express !
Présentation technologique
Malgré avoir lu de très nombreux articles, je ne parviens toujours pas à saisir parfaitement le concept dans toute sa complexité, mais voici « la base ». Il s’agit simplement d’une pile à combustible comme on sait en faire depuis des dizaines et des dizaines d’années. La seule « prouesse » technologique serait dans l’absence de métaux rares, et donc couteux, notamment le platine qui serait remplacé par du silicium que l’on trouve en abondance dans le sable. Une réaction associant hydrogène et oxygène permettrait alors de produire bien plus d’énergie que les technologies éoliennes et solaires existantes pour des rejets en gaz à effet de serre équivalent. Il semblerait donc que la Bloom Box n’est uniquement besoin d’hydrogène et d’oxygène pour fonctionner.
Ce que ça pourrait changer
Inutile de préciser que cela remet en cause l’ensemble du réseau électrique existant. Soyons plus raisonnable en disant simplement que comme toutes les technologies si prometteuses la mise en place dans le cadre économique reste encore très largement à définir.
Cette technologie serait également facilement transposable dans l’automobile est présenterait à la fois une opportunité extra ordinaire pour tout les constructeurs et une menace sérieuse pour notre ami Shai Agassi et sa technologie Better Place.
Dans son entretien à CBS, vidéo en bas de l’article, notre fondateur aux yeux qui brillent pense également aux pays émergents qui n’ont toujours pas accès à un quelconque réseau électrique. Tout comme bon nombre de ces pays sont passés directement à la téléphonie mobile sans passé par la case réseau fixe, cette box, facile d’installation apparemment, pourrait changer la vie de milliers de villages africains ou asiatiques. Comme le rappelle Business Week, l’électricité serait un immense bon en avant pour ces villages qui auraient alors accès à l’information, l’éducation et la santé grâce entre autre à la conservation au frais des aliments. Selon les derniers chiffres de l’ONU de novembre, 1,5 milliards de personne vivent sans électricité aujourd’hui, je vous laisse imaginer le potentiel économique et humain.
Beaucoup de questions en suspend
Evidemment, les septiques n’ont pas attendu longtemps avant de sortir de leur tanière. Dallas Kachan, le directeur du cabinet d’analystes Cleantech Group, rappelle que cette technologie a déjà été utilisée par le passé au Japon sans véritable succès du fait du prix et du manque de fiabilité.
On ignore également combien de temps ces piles peuvent tenir. Les premiers prototypes vendus viennent avec une garantie de 10 ans, mais clairement, Bloom Energy n’a pas le recul historique suffisant pour répondre à ces interrogations.
Le passage à un process industrialisé sera également un challenge important. Comment cette jeune entreprise sans véritable connaissance de l’industrie pourra elle faire face des compétiteurs avec beaucoup plus de moyen (on pense notamment à GE), surtout si la technologie est si accessible ?
Enfin l’interrogation centrale reste autour du prix de vente. Là encore les prototypes existants ont été vendus entre 700 et 800 000 dollars pièce. K.R. Sridhar avance le prix de 3000 dollars d’ici 3 à 5 ans pour une maison américaine.
Une nouvelle fois, chacun est libre de se forger son propre opinion sur la question concernant les chances de réussite d’une telle technologique dans un avenir à moyen terme. Aujour d’aujourd’hui nous ne pouvons que tirer notre chapeau à ce pionnier de génie pour l’inspiration qu’il dégage et l’espoir qu’il insuffle à des millions de personnes.
Voici le reportage de l’émission américaine 60min de CBS qui lança le buzz :
















